Rubresus Association de protection et sauvegarde de l’environnement des Basses Plaines de l’Aude

Point de vue de RUBRESUS sur les déclarations des candidats à l’élection municipale à propos des projets de Malvési

Les positions « Pour » ou « Contre » virent au « Pour mais … » ou « Contre mais … » et convergent finalement et confusément vers un même souhait d’accompagner ces installations d’une étude épidémiologique ou d’un observatoire environnemental/sanitaire. Pour RUBRESUS, ces positions doivent être clarifiées et affinées car sinon, elles entérineraient de facto la construction de ces nouvelles installations. Pourquoi ?

Une étude épidémiologique ou un observatoire requiert une collecte d’informations durant plusieurs années. Quand les résultats tombent, le mal peut être déjà fait. De plus, les conclusions de nombre d’entre-elles n’établissent pas de lien de causalité avec la source de pollution. C’est le cas de l’incinérateur à Lunel (34) : malgré les résultats officiels démontrant la sur-incidence de cancers 10 km autour de l’installation, les autorités sanitaires n’ont pas directement mis en cause l’installation. Idem à Fos-sur-Mer : pas de remise en cause des activités industrielles malgré les effets avérés sur la population. Pire à Salsigne : les autorités se sont assises dessus.

A Narbonne, la surmortalité significative par cancers du poumon établie par l’ARS depuis 2004 interpelle. Pourquoi plus de cancers du poumon ? Des causes environnementales pouvant être impliquées, la question des sources de pollution se pose. Narbonne est le berceau européen de l’uranium pour la filière nucléaire. Le site chimico-nucléaire Orano Malvési a purifié quelques 500 000 tonnes d’uranium depuis 60 ans. C’est la plus importante source industrielle d’émissions de polluants atmosphériques, notamment d’uranium sous forme de poussières, d’oxydes d’azote, de solvants (COV), de substances radioactives (radon, uranium et descendants)…La ville est sous le vent dominant en provenance du site, d’où nos interrogations.

C’est pourquoi dans ce contexte environnemental et sanitaire, les nouveaux projets sur-polluants TDN et NVH ne peuvent être acceptés. Une étude épidémiologique ou un observatoire ne constatera les dégâts qu’a posteriori, sans empêcher leurs effets.

RUBRESUS invite les candidats et les futurs élus à clarifier et à préciser leur position sur la base de nos trois propositions, indissociables :

  • Demander l’abandon du projet THOR-TDN et un moratoire sur le traitement des bassins. Avec la forte chute de la production d’uranium depuis 2016 et donc celle des effluents, le niveau des bassins est au plus bas et ne présente pas l’urgence qu’Orano avançait dans la demande d’autorisation en 2015. Cette solution se justifie donc pleinement. Solliciter une commission d’étude indépendante et participative chargée d’examiner une alternative moins polluante et éco-responsable.
  • Refuser la nouvelle unité de production NVH. Le dioxyde d’uranium sera fabriqué à partir d’uranium appauvri provenant de Tricastin (84), puis mélangé avec du plutonium pour la production du combustible nucléaire MOX à Marcoule (30). Ces deux sites nucléaires sont donc plus appropriés pour la production de dioxyde d’uranium que Malvési. A Narbonne, NVH sur-polluera l’air : par exemple 44 % de rejets d’uranium (poussières) en plus autorisés.
  • Exiger une étude épidémiologique : si elle est impérative pour établir en toute clarté les impacts sanitaires sur les populations après 60 années de rejets du site de Malvési, elle ne doit pas être un faux-fuyant pour accepter les projets TDN et NVH.

Depuis 22 ans sur le Narbonnais et en pole position sur le dossier Malvési-TDN-NVH, RUBRESUS a toujours œuvré et informé sans parti pris, en toute indépendance, avec rigueur, justesse, pertinence, à la disposition de tous.


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