Rubresus Association de protection et sauvegarde de l’environnement des Basses Plaines de l’Aude

Quid des rejets d’Orano Malvési dans l’air de Narbonne?

Les activités du site de Malvési

Le site ORANO Malvési, Narbonne (11), transforme les concentrés miniers en tétrafluorure d’uranium : 13 084 tonnes en 2015 (autorisation 21 000 t/an) et fournit 25 % de l’uranium mondial.500 000 t d’uranium y ont été produites en 60 ans, avec une consommation massive de produits chimiques :

  • Acide nitrique (dissolution de l’uranium) : environ 10 000 t/an, soit plusieurs centaines de milliers de tonnes depuis 1959 ;
  • Acide fluorhydrique (fluoration de l’uranium) : environ 5 000 t/an, soit quelques centaines de milliers de tonnes depuis 1959 ;
  • Solvants : tributylphosphate et kérosène/ dodécane pour extraction du nitrate d’uranyle ;
  • Ammoniac pour réduction d’oxydes d’uranium ;
  • Acide sulfurique, hydrogène, soude, …

Du fait de la haute toxicité et des quantités très importantes d’acide fluorhydrique et d’ammoniac, le site Malvési est classé SEVESO seuil haut, le plus haut risque pour l’environnement.

Les rejets de Malvési dans l’air narbonnais

Le débit cumulé des rejets gazeux autorisés via les 36 cheminées du site (TDN et NVH inclus) représente 178 000 m3/h (1 milliard de m3/an potentiel). Parmi les postes qui rejettent le plus : calcination (40 000m3/h), chaufferie (20 000 m3/h), TDN (12 000 m3/h), NVH (10 000 m3/h).

Les émissions de polluants chimiques (année 2015)

  • Oxydes d’azote NOx : 78 tonnes (décomposition thermique de nitrates)
  • Composés organiques volatils COV : 32 tonnes (solvants d’extraction du nitrate d’uranyle, …)
  • Ammoniac : 21 tonnes
  • Particules fines (poussières) : 7 tonnes
  • Uranium (canalisé et diffus) : 44,3 kg
  • Acide chlorhydrique, dioxyde de soufre, …

Les flux des rejets atmosphériques de Malvési s’avèrent bien supérieurs aux rejets aqueux, par exemple en 2015 : 78 t de NOx (air) contre 5.9 t de nitrates (eau). Pendant des décennies, d’énormes quantités de NOx ont été rejetées : 150 tonnes en 2014 et antérieurement, équivalentes à un incinérateur d’ordures ménagères d’une ville de 1 million d’habitants. Près de 5 000 t de NOx ont pu être dégagées dans l’air narbonnais en 60 ans. Pendant ces années-là, la population a été surexposée sans que autorités, élus et membres éclairés de la commission de suivi n’alertent.

Le projet TDN de traitement des bassins (four à charbon 5 700 t/an) pourra rejeter 19,2 t NOx et 960 kg COV/an supplémentaires et le projet NVH (dioxyde d’uranium) 9.6 t NOx et 17 kg d’uranium.

Les émissions des substances radioactives

Les rejets radioactifs autorisés sont de 64,1 kg d’uranium/an soit une radioactivité de 3,2 GBq/an. En 2015, les rejets atmosphériques d’uranium naturel (238U,235U, 234U) ont été de 44,3 kg.

Le radium, présent dans les déchets de Malvési (boues et effluents), forme par désintégration le radon (222Rd), gaz radioactif qui s’échappe en continu de tous les bassins ainsi que de l’Installation Nucléaire de Base. La commune de Narbonne est classée pour le risque radon en catégorie 2 sur une échelle de 3 (IRSN).

Les émissions de gaz à effet de serre (GES)

La destruction thermique des nitrates produit du protoxyde d’azote N2O, gaz à effet de serre, 300 fois plus que le dioxyde de carbone CO2. Aucune limitation n’est imposée aux postes gros émetteurs de N2O (calcination nitrates), ni bilan GES du site.

La combustion de gaz naturel en chaudières, 62 GWh en 2017, a produit 13 000 t eq. CO2.  Le projet TDN émettra 29 180 t eq CO2/an.  

Les impacts des rejets atmosphériques

Malvési est le plus important site industriel narbonnais au lourd passif d’émissions atmosphériques et de GES.

Les oxydes d’azote et l’ozone qu’ils produisent, sont avec les particules fines les principaux responsables de la pollution atmosphérique qui provoque en France 48 000 décès/an ainsi que des pathologies respiratoires (asthme, cancers, …) et cardiaques. Outre ces substances, des polluants spécifiques sont également rejetés par Malvési : uranium, radon, radioactivité, COV (solvants, biphtalate), …, et sont susceptibles, seuls ou en cocktail, d’impacts sanitaires supplémentaires.

Le Contrat Local de Santé ville de Narbonne/ARS a révélé pour la période 2010-2014 une surmortalité significative par cancers du poumon (36 décès/an) et un nombre élevé d’affections de longue durée (tumeurs) dans la population de Narbonne sans que les causes ne soient indiquées, ainsi qu’une surexposition à l’ozone.

Retrouvez cette fiche de synthèse en format PDF ici

Si vous voulez vous opposer aux projets TDN et NVH, vous pouvez:

signer la pétition en ligne

participer au financement des recours juridiques menés par les associations COL.E.R.E et Rubresus


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